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lundi 19 avril 2010

Burger King

Aurore Taupin Blog Burger King

Je commence aujourd'hui une grande série sur toutes ces petites choses qui rendent la vie si exotique pour un Français (Européen ?) à New York.


Etant une des personnes les plus difficiles à contenter en matière d'alimentation, je me devais de commencer par là, choc des cultures maximal pour l'éternelle difficile que je suis *.

La première chose à noter concerne évidemment la taille des portions ; quand vous demandez à votre petit(e) deli/resto/cantine du coin, le poulet/veau/bœuf du jour ; vous êtes surpris de vous retrouver avec non pas un, ni deux, ni même trois, mais 4 tranches copieuses de la viande en question. Il est souvent malheureusement un peu tard pour aller demander au cuisinier un quart de portion (qui vous regarderait en plus avec un air affligé devant la caricature de Français(e) que vous lui offrez) ; aussi vous envisagez alors de partager avec toute votre équipe votre repas, juste avant 1/ de vous rappeler qu'ils sont américains, 2/ de constater qu'ils ont tous pris la même portion que vous, 3/ de voir qu'ils n'ont pas l'air le monde du moins découragés par le demi-bœuf qu'ils ont chacun à manger dans leur assiette.


Cette curieuse tendance à grossir les portions trouve son paroxysme au cinéma ; où - outre le fait que vous pouvez vous commander un plein bucket de poulet frit à « grignoter » pendant le film, première anomalie notable pour un Français fraichement débarqué – le pop-corn devient un investissement collectif (3-4 personnes minimum) si vous voulez espérer arriver à bout et donc rentabiliser le sachet mutant qu'on vous tend à la commande d'une « small » portion. Vous devenez carrément interloqué quand on vous demande si vous voulez du … beurre (???!!!!) dessus …



Ce qui m'amène à une deuxième réflexion non plus sur la taille des portions mais sur le cœur même de l'alimentation (accessoirement le cœur même de mon problème). Traditionnellement, certains aliments restent de véritables mystères pour nos petits palais européens ; à commencer par le peanut butter ou la crème au beurre à tout va. Ca se complique quand on comprend – à notre plus grande stupéfaction, que le peanut butter fait ici office de véritable « huile de foie de morue » moderne, croisement hybride entre le Nutella pour le plaisir à tartiner, et l'activité à l'intérieur qui se voit à l'extérieur de notre Bio de Danone national. Du coup, il se consomme à toutes les sauces, et des petits chocolats au peanut butter vous sont même offerts gracieusement à la cantine, pour promouvoir une alimentation healthy (au début, je croyais que c'était pour fêter Pâques en retard, pour vous dire le décalage des mentalités)


Pour ce qui est de la crème au beurre, j'en ai un souvenir particulièrement ému – haut-le-cœur – depuis cette arrivée matinale à mon travail, accueillie par un gâteau mutant, tout droit sorti d'un dessin animé, commandé pour l'anniversaire d'un de mes collègues. Le gâteau en question était composé selon une recette très simple, une succession de couches de génoise et de crème au beurre, recouverte d'un épais glaçage de … crème au beurre, lui-même surmonté d'inscription multicolore en … crème au beurre célébrant l'anniversaire de l'heureux fêté. Une pure merveille aux yeux de la moitié américaine rassemblée pour l'événement, qui salivait déjà, assiette tendue et yeux brillants. Tandis que l'autre moitié, française, cherchait désespérément et sans solidarité aucune, une excuse pour échapper à la tranche de gâteau façon Obélix qu'était en train de couper l'assistante. Une des nombreuses injustices du poste de stagiaire tient à ce que, étant la dernière servie dans ce genre de cas, pour trouver une excuse différente du mal au ventre (invoqué par votre collègue de droite), de l'allergie (votre manager) ou du régime sans sucres (collègue de gauche), le temps vient à manquer. Je revis alors ces souvenirs émus de cantine de primaire et cette patibulaire surveillante de cantine qui m'obligeait à finir mon assiette de choux, insensible à mes pleurs et à mon dégout le plus profond pour cet aliment. (Un psychologue de comptoir y verrait sans doute mille et une explications pour mon rapport désormais conflictuel à la nourriture).


Je ne m'étendrais pas sur toutes les autres petites disparités culinaires qui constituent le fossé alimentaire transatlantique, mais en noterai juste deux autres pour finir, pour le plaisir, pour que vous ne puissiez plus jamais les voir sans vous en étonner aussi : les glaçons et la betterave ; les premiers accompagnant systématiquement toutes les boissons ou presque (thank God, le vin y échappe encore, mais ne cherchez plus pour trouver où ont été inventées les atroces « piscines » de champagne à la mode en ce moment) ; et la betterave, aliment honni de tout écolier français, nourriture de cantine par excellence, semble ici avoir été élevée au rang de fin du fin gastronomique (pour info, betterave se dit « beet » en anglais, aussi attention au traitre « beet carpaccio », qui se confond facilement au gré d'une lumière tamisée d'un restaurant branché avec le plus traditionnel « beef carpaccio », jusqu'à l'arrivée d'une chose violette insipide non identifiée dans votre assiette).




Mais pour rendre à l'Oncle Sam ce qui lui est du et tuer dans l'œuf ce début naissant de snobisme gastronomique français, rappelons aussi certaines des nombreuses réjouissances alimentaires américaines ; en vrac, les burgers juteux avec de la vraie bonne viande qui fond dans la bouche, les bagels à toute heure, les maxi-pièces de viande et les steakhouses à chaque coin de rue, le choix indécent d'ingrédients pour votre salade du midi, les french toasts, les pancakes, les waffles et toute autre spécialité brunch-esque, les cheese-cakes, les cookies, le café à la banane, les donuts, les crab-cakes, le meatloaf etcetera etcetera

(*Maxi-parenthèse : Attention, je n'aime pas rien, comme aiment le dire certains, j'ai juste … un palais délicat, sensible :

  • aux textures : vade retro concombres, carottes, salades etc. jugés trop croquants ; fruits et légumes en majorité trouvés « filandreux » … Je ne peux pas faire une liste complète, ca serait trop long
  • aux mélanges des genres (je n'ai jamais été aussi heureuse que le jour de l'invention des Fruix, enfin des yaourts sans « petits bouts », et je refuse consciencieusement les jus de fruits pressés, source de petits bouts flottants non identifiés plus connus sous le nom de « pulpe »),
  • aux odeurs - fromage, ail, oignons, friture, bref tout ce qui permet de décrire votre repas rien qu'au petit fumet qui vous suit à la trace pendant le reste de la journée),
  • et aux contours peu clairs (j'ai toujours trouve suspect les plats en sauce, façon habile selon moi de camoufler les bouts de gras, petits os, nerfs et autres déconvenues culinaires habituelles). )

1 commentaire:

  1. Il reste donc si je resume: l'incontournable tomates/mozza et le roti des familles avec du gratin dauphinois.

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