Compteur gratuit THE A-LIST: These boots are made for walking

samedi 10 avril 2010

These boots are made for walking




Des nouvelles du front new-yorkais.

Extrait d'un mail de février 2010


C'est un véritable front ici, avec la neige qui s'est abbattue sur la ville depuis quelques jours : les boutiques sont pour la plupart fermées, de meme que les écoles ; les voitures roulent au pas ; le métro est désert et la neige, en amortissant les bruits, donne à la ville un côté très surréel et étrangement calme.


J'ai donc ressorti mes ma-gue-ni-fiques boots de neige pour braver le blizzard ces derniers jours Joie du tout-confort à l'américaine, il est possible d'éviter la tempête en arrivant à ma station de métro finale, grâce à un très bon réseau souterrain de couloirs, qui relient plus ou moins tous les buildings de Midtown, autour du Rockefeller Center. C'est assez labyrinthesque et of course, surchauffé, mais c'est une bonne alternative à la marche sous la neige ces jours-ci.

La neige ne donne pas seulement à la ville son étrange calme, mais permet également de se régaler des looks de jours de neige de mes différents collègues ; plusieurs techniques pour braver la neige sont expérimentées par mes voisins de bureau, pour mon plus grand plaisir, car elles offrent des accoutrements assez cocasses à observer : costumes rentrés dans des bottes en caoutchouc pour les hommes, sacs en plastique entourés autour des pieds pour les allumés qui sont partis sans voir qu'il neigeait plus fort que dans les rêves du comité organisateur des JO, chaussures de montagne, charlottes pour les femmes à brushings ...

Autre divertissement proposé par le temps neigeux : voir les touristes inexpérimentés tomber dans la plus grosse feinte new-yorkaise, i.e la flaque de bord de trottoir tellement géante qu'elle a l'air d'être de la glace. On n'est pas vraiment new-yorkais tant qu'on est pas tombé au moins une fois dans le panneau (c'est un véritable baptême par les pieds, c'est très froid et ça laisse très inconfortable pour tout le reste de la journée, mais c'est définitivement un signe d'appartenance à la communauté des new-yorkais).


Tous les jours à mon travail, je me régale de toutes les petites différences entre la France et les US, qui occasionnent de grandes discussions avec l'américain de l'équipe, C. .Ainsi, je découvre que la sécurité routière est une non-problématique ici, et que pour eux, c'est extrêmement surprenant que le gouvernement français finance des pubs pour la sécurité routière,"it's a private matter, you know". J'avais déja découvert la profonde méconnaissance de la diététique ici, mais là ça devient carrément n'importe quoi (et ceci explique cela), quand toujours le même C., m'explique que le peanut butter (oui oui, le peanut butter, comme dans peanut (hum, gras) + butter (hum, gras)), il se force à en manger, car c'est bon pour la santé, mais lui il n'adore pas ça, contrairement à tous ces fellow compatriotes (qui eux en mangent à la fois par gourmandise et par "diététique").

Ils adorent que l'on ait des grèves toutes les 10 minutes ("you have to protect your rights, like we do with firearms"), ne comprennent pas pourquoi on a un Président ET un Premier Ministre, pensent globalement que la vie en France, c'est comme dans Amélie Poulain, sont persuadés que la France est le pays qui s'est le mieux sorti de la crise économique (un point de vue très divergent du Français moyen, à en croire les journaux), trouvent normal d'avoir des pubs anti-avortement à la télé (freedom of speech, 5th amendment, god bless America), parlent de manière générale avec 50 décibels de plus que les Français, et enfin last but not least, ont érigé la betterave en fin du fin gastronomique, alors qu'elle est plutot synonyme d'ignonimie culinaire chez nous.


Bref, j'expérimente chaque jour le fossé culturel transatlantique et je m'en régale.




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