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lundi 3 mai 2010

Mind the gap

Aurore Taupin Blog Mind the Gap

Apres quelques mois ici, la visite de quelques fellow compatriotes m’a permis de me rendre encore un peu plus compte de toutes ces petites choses qui font la spécificité (le charme ?) de New York, et que je commençais déjà à ne plus remarquer, petite New-Yorkaise en devenir. Il est d’ailleurs tout à fait appréciable de constater qu’après peu de temps, on a intégré sans presque s’en rendre compte beaucoup de codes implicites de la ville : laisser un tip égal à 2 fois la taxe (mais surtout pas en pièces, c’est malpoli ici), indiquer au chauffeur de taxi non pas votre adresse mais le coin de rue le plus proche de votre destination, réserver systématiquement dans les restaurants sous peine de déception chronique, commander un café en précisant « regular coffee » etc.

Une de ces petites particularités étonnantes, qui m’a joué beaucoup de tours au début, fut le fameux « Hi ! How are you doing today ? » qui ponctue toute entrée dans un magasin ou restaurant ; très courtoise, je m’efforçais de répondre à cette étrange question par un hésitant et souriant « Great, and you ? » auquel mon interlocuteur ne m’opposait jamais aucune réponse, me faisant croire les premières semaines à une muflerie américaine généralisée. Je compris enfin que dans la grande tradition d’accueil outre-Atlantique, cette question relevait de la pure rhétorique et n’appelait aucune réponse, tel un « Ca va ? » lancé distraitement à un collègue entre deux couloirs ; nécessairement, ma réponse naïve laissait mes interlocuteurs un peu désarçonnés, peu habitués à devoir répondre eux-mêmes à cette question finalement si incongrue.

Deux détails particulièrement intrigants, se remarquent facilement pour un Français fraichement débarqué. Tout d’abord, l’Américain, mais surtout l’Américaine parle FORT, et par fort, j’entends malheureusement, plus de 50 décibels au-dessus du niveau sonore jugé acceptable pour une conversation en France. Ainsi, il n’est pas rare d’avoir l’impression que votre voisine de rayon de supermarché est au téléphone avec sa grand-mère sourde, ou cherche à attirer l’attention d’une personne portant un casque-anti-bruit à l’autre bout du magasin, alors qu’elle est simplement en train de discuter avec la personne à cote d’elle. Cette impudeur verbale est surement à mettre en relation avec l’impudeur physique gênante des vestiaires de salles de sport déjà mentionnée dans un article précédent.

La deuxième particularité, tout à fait stupéfiante par son manque de logique concerne les tourniquets de métro. Etrangement, ici, on utilise les mêmes pour entrer et sortir du métro, ce qui génère parfois, outre une importante confusion, pas mal de retard et de fureur. Exemple : quand le groupe de lycéens du New Jersey en vadrouille avec leurs profs dans la grosse Pomme décide de sortir tous du métro, au moment même où vous souhaitez y entrer à l’issue d’une folle course pour tenter d’attraper le métro qui vous transportera à l’heure vers votre rendez-vous, eh bien, en plus d’avoir l’impression de nager à contre-courant dans une cacophonie assourdissante (voir particularité intrigante 1, ci-dessus), vous êtes bougrement furieux contre ce $# !!@’**! système de tourniquet. Maigre consolation : le métro français jouerait lui aussi des tours à l’Américain globe-trotter. Pour preuve, l’anecdote de cette Américaine qui en voyage à Paris, peu habituée à devoir ouvrir elle-même la porte du métro, était restée coincée sur le quai en regardant s’éloigner le métro, interdite devant cet archaïque mécanisme d’ouverture de portes. (Moralité, l’Américain(e) devrait prendre la ligne 1)

Prochainement, le style new-yorkais ….

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