Compteur gratuit THE A-LIST: 5 mois, 2 jours et des poussières

lundi 7 juin 2010

5 mois, 2 jours et des poussières

Aurore Taupin Blog 5 mois à New York

Demain s'achèvera ma vie de fille active à New York ; je ne sais pas trop encore si je dois m'en réjouir ou m'en plaindre, mais nul doute que la nostalgie reviendra m'étreindre à mon arrivée en mère-patrie.

Parce que New York, ca ne se quitte pas comme ca …


5 mois que je me glisse dans le moule, et petit à petit, je me suis surprise à réviser mes habitudes françaises à la sauce New York et à parsemer mon quotidien de petits rituels manhattaniens. Autant de petits détails qui me font prendre toute la mesure de ma franche intégration dans le mode de vie américain.





Certes, je ne crois pas encore à l'American Dream,

Je ne porte pas d'affreuses mais confortables walking shoes, ni de vernis multicolore à strass, ni un legging pour pantalon

Je ne me suis pas fait un tatouage, ni un piercing de taureau

Je ne porte ni casquette ni lunette de soleil dans le métro

Je ne commande pas un repas entier quand je vais au cinéma

Je ne m'habille pas en fonction de la couleur du ciel (étonnant rituel de la New-Yorkaise, qui lui fait porter des tongs en février)

J'hésite toujours devant la carte du Starbucks, contrairement au vrai Américain qui sait qu'il veut un Venti Cinammon Dolce Latte with Soy Milk, Whipped Cream and Hazelnut Syrup, To Go

Je continue de répondre à « How are you doing today »

Je ne bronze pas pile-face à Central Park en maillot de bain

Je ne me suis pas faite la haute fréquence et la longueur des pauses pubs à la télé

Je me demande toujours qui peut bien avoir inventé (et mangé) des choses telles que ce salame-panino, mix saucisson-mozza coulant emballé dans du plastique, croisé dans un deli récemment

Aucun homme de ma famille ne porte un tee-shirt sous sa chemise

Je n'envoie pas de cartes postales pour la Saint-Valentin à mes amiEs

Je ne comprends toujours pas les règles du football américain et du baseball

Malgré une vue imprenable sur celui-ci, je ne sais toujours pas dire à quoi correspondent les couleurs de l'Empire State la plupart du temps

Je suis toujours gênée de changer ne serait-ce que de chaussettes dans les vestiaires de mon club de gym, alors que mes co-sportives se balladent toutes en tenue d'Eve

Je ne comprends toujours pas ce que disent les conducteurs de métro (et même je me trompe parfois encore en le prenant)

Je n'aime pas la betterave, le peanut butter et l'onion bagel

Je parle toujours doucement quand je discute avec quelqu'un dans un ascenseur

J'hésite encore quand je dois payer en monnaie, ces foutus pièces se ressemblent toutes

J'ai toujours du mal à placer le mot f*** quand je parle en anglais

Je garde un indéniable accent français ...


Mais force est de reconnaitre que la Parisienne fidèle que je croyais être a cédé à certaines sirènes bien d'ici. American coffee plutôt que nos minuscules et râpeux espressos, manucures à $12, métro ouvert toute la nuit, taxi disponible d'un mouvement de bras, brunch proposé dans tous les restaurants, BYOB, l'accueil toujours impeccable dans les restaurants et boutiques, les cours de Pilates, les bagels et tant d'autres choses vont bien me manquer.

Dire que je venais tout juste d'acquérir l'automatisme dit « du tip » (i.e savoir répartir l'addition d'un repas à 6, en prenant en compte tip, tax, vin, celui qui n'a pas pris de vin, le nombre de cafés et la taille des petites cuillères), que je commençais à me mettre à lire en anglais (j'ai commencé par Vogue US, et là je me lançais même dans un roman !! ), que je savais enfin reconnaitre Jay Leno, Martha Stewart, David Letterman et autres équivalents US de nos Druker et Denisot nationaux, que je venais seulement de faire ami-ami avec le propriétaire du petit deli en bas de mon bureau, que le karaoké coréen ne me faisait plus peur, que j'avais enfin repéré tous les couloirs secrets du Rockefeller Center pour traverser tout Midtown sans se mouiller quand il pleut, que je connaissais désormais presque plus de bons endroits ici qu'à Paris ! Je commençais même à savoir utiliser le mot "obnoxious", typiquement new-yorkais (qu'apparemment personne n'a daigné nous enseigner pendant nos 10 ans d'études de "My tailor is rich")

Tant de savoirs accumulés pendant ces 5 mois, qui s'en iront aux oubliettes si je n'y prends garde … Heureusement, New York est une ville qui laisse forcément des souvenirs, et des bons, aussi je n'ai pas beaucoup d'inquiétudes


Paris, me revoilà !


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