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jeudi 10 juin 2010

A la française

 Aurore Taupin Blog A year in the merde
Après avoir tenté de raconter certaines petites expériences américaines typiques, j'ai découvert avec joie, captivation et moult rires irrépressibles, A Year in the Merde, ou l'expérience plus ou moins heureuse d'un Anglais à Paris.
En bonne Française, je ne m'imaginais pas que nous présentions autant de particularités étonnantes pour un étranger, à commencer tout bêtement par la fameuse bise française, qui leur fait dire qu'on passe notre temps à s'embrasser (d'où sans doute les mythes du French lover, French kiss etc.)



Stephen Clarke, l'auteur, tire sûrement de sa propre expérience pour nous raconter les hilarantes mésaventures de Paul West, jeune anglais expatrié un an à Paris, avec un sens du détail et une finesse d'analyse stupéfiants pour un livre qui est par ailleurs aussi drôle.
Depuis la commande d'un café qui nécessite la maitrise du langage secret des serveurs parisiens ("noisette", "crème", "espress" ...) jusqu'au partage de la galette des rois, Paul West tente de s'adapter à ce nouvel environnement, décortiquant au passage les opinions françaises sur la perfide Albion, descendant simultanément certains clichés sur nos voisins d'outre-manche.

"Or maybe this was the French woman way of symbolizing the relationship between France and the Brits : she dangles her sexy image in front of me, but keeps the distance to avoid catching mad cow disease"

Les Anglo-Saxons doivent bien rigoler (et nous aussi d'ailleurs, mais ... plus jaune) en lisant certains décryptages du jeune Paul West, comme notamment ce passage où son patron lui explique qu'on ne peut pas juste virer les gens qui ne travaillent pas en France.

"Here it is not the same. They call the inspecteur du travail, the work inspector, they complain and you pay damages or the unions makes a strike and it is the merde générale".

Stephen Clarke revient aussi sur des caractéristiques françaises qu'on connait bien (sans toutes toujours les apprécier d'ailleurs) : l'incapacité quasi-généralisée des Français à parler anglais, les crottes de chien à chaque coin de rue, les grèves à répétition, une année de travail tronquée qui commence en septembre et s'arrête en mai avec les ponts, etc. qui permettent parfois au narrateur de tirer des conclusions ... intéressantes.

"It kind of sums up the French philosophy of life. You only ever think about yourselves. So instead of getting together to stop dogs from pooping on pavements, you just learn how not to step in the merde".

Ou encore sur les grèves :

"What was this strike about ? Job cuts ? Safety standards ? No. The unions were furious that the government had been rumored to be thinking about considering the possibility of maybe looking it the purely theoretical concept that it might, one day (not now but in say 18 years' time) be less able to pay for transport workers to retire at fifty".

On sourit à l'évocation de son chemin de croix pour obtenir une carte de séjour ( "All I had to do was take my passport, work contract, three passport photos, a recent electricity bill, and the marriage certificate of all hamsters I had since 1995, all photocopied onto medieval parcheement"), qui relate par le menu la trop-connue lenteur et complexité de l'administration française.

Comme souvent, les différences gastronomiques restent les plus pregnantes, surtout en France où fromages forts, andouillettes, huîtres et escargots font partie du paysage culinaire classique (remarque qui m'amène à me demander si je suis vraiment française parfois). Ainsi, on compatit le sourire aux lèvres quand le personnage se voit offrir de goûter du Reblochon

"She waved it under my nose. This had to be one of those unpasteurized cheeses that were banned in the UK, presumably because to judge by the pong, they were scrapped up off the floor of the cowshed".

Stephen Clarke se moque aussi gentiment du statut ultra-privilégié des Français, qui disposent, sans même s'en réjouir, voire même en s'en plaignant, d'acquis sociaux que le monde entier nous envie : allocations chômage, retraites, congés payés, couverture maladie etc.

"The hospital was something promising. The notice board suggested that you could make an appointment with every kind of specialists imaginable. To a Brit brought up on a 6-month waiting list to see any hospital staff more qualified than toilet cleaners, this was like seeing a list of their home phone numbers of the world's top ten super-models".

A la lecture de A Year in the Merde, on ne peut s'empêcher d'acquiescer mentalement à la description qui est faite car l'auteur ne tombe pas dans la caricature (i.e ne nous affuble pas d'un bérêt) et nous offre même parfois un portrait authentique et attendrissant de la France ... une vraie ode à l'identité nationale (Stephen Clarke apporte sa contribution au débat).
A coup d'humour bien anglais et de remarques tapées au coin du bon sens, Stephen Clarke réussit le très difficile exercice de dépeindre 1 an de vie en France sans s'essouffler, et même mieux, en nous faisant rire de bout en bout, ce qui, il faut l'avouer, pour un livre écrit en anglais, ne semblait pas gagner.

Alors Français, à vos manuels d'anglais, et bonne lecture !


Deux one-liners pour la route

"May 1 (the ironically named fête du travail, as if during a fête du vin, you did everything bu drink wine)"

"Marie was happy for me, like a French worker who hears that his son has gone on strike for the 1st time"

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