Compteur gratuit THE A-LIST: Les femmes du braconnier

mercredi 8 septembre 2010

Les femmes du braconnier


Il m'aura fallu attendre la page des remerciements pour découvrir que la bouleversante histoire que je venais de lire d'une traite, ne relevait pas de la fiction.

Claude Pujade-Renaud relate avec brio l'histoire tragique de Sylvia Plath et Ted Hughes, poètes anglo-saxons du 20ème siècle, dans un roman qui, par son côté éthéré et son atmosphère toute britannique, n'est pas sans rappeler les oeuvres d'Ian McEwan ou, encore pour ses questions sur l'inspiration artistique, le très bon "Tout ce que j'aimais" de Siri Hustvedt .

Tout au long du livre, l'auteur sait distiller la poésie et la tension pour récréer l'atmosphère tourmentée dans laquelle évoluent les deux personnages principaux. Donnant la parole aux différents acteurs et témoins de cette tragédie, Claude Pujade-Renaud restitue finement les conditions du drame. Avec un style remarquable et aérien, elle nous transporte dans l'univers de création littéraire et d'autodestruction de Sylvia Plath : après sa rencontre avec Ted Hughes, celle-ci alternera périodes d'euphorie créatrice et de dépression jusqu'à son suicide en 1963, laissant ses deux enfants orphelins.
La tension qui entoure ce couple, puis le veuf, est palpable pendant tout le récit, nous laissant envoûté(e) d'un bout à l'autre du livre. Le personnage d'Assia Wewill, maîtresse officielle de Ted Hughes, rôle complexe dans cette configuration déjà peu ordinaire, est admirablement bien décrit et ajoute encore à la qualité du roman.
En filigrane, on perçoit aussi l'omniprésence des animaux, sources d'inspiration majeures des deux poètes.
"Le blanc pommelé de mon brave étalon dansait, j'entendais le martèlement allègre de ses sabots, je maîtrisais les décasyllabes du poème tout en me laissant emporter"

En plus de cette passionnante histoire, Claude Pujade-Renaud propose une écriture réjouissante de lyrisme, avec de véritables coups de génie stylistiques ... Bref, tout y est. Un excellent roman.

Finissons sur cette jolie citation
"... j'imaginais le bourdonnement des ragots. De retour à Court Green, j'écoutais avec bonheur celui des abeilles".

Pour ceux qui veulent en savoir plus :
- La cloche de détresse, de Sylvia Plath, aux éditions Gallimard
- Ariel, recueil de poèmes de Sylvia Plath, aux éditions Patricia Godi
- Sylvia, film de Christine Jeffs avec Gwyneth Paltrow et Amira Casar, pour les curieux moins littéraires

1 commentaire:

  1. Je viens de le terminer également. Et je n'ai pas aimé. Trop "psychanalytique" à mon goût et trop de références littéraires qui ont brouillé ma lecture.
    J'avais adoré "Tout ce que j'aimais" que j'ai également lu il y a quelques années mais selon moi aucune comparaison avec ce livre. Et j'adore Ian McEwan que je n'ai pas du tout retrouvé ici.
    Comme quoi, les goûts et les couleurs...

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