Compteur gratuit THE A-LIST: Malevil

dimanche 3 octobre 2010

Malevil


Pour une fois, ne faisons pas la part belle qu'aux nouveautés et retournons 40 ans en arrière avec le roman Malevil de Robert Merle.

L'auteur, déjà connu pour son Prix Goncourt, Week-end à Zuydcoote, et son polémique La mort est mon métier inspiré de la biographie du commandant du camp d'Auschwitz, offre avec Malevil un roman d'apocalypse qui n'est pas sans rappeler La Route, de son confrère américain Cormac McCarthy.
Ecrit en 1972, Malevil relate la vie en 1977 d'une poignée d'amis du village éponyme, vie bouleversée par l'explosion d'une bombe atomique. En plein guerre froide, on imagine sans mal combien cette peur devait être présente chez tous et quelle source d'inspiration elle pouvait représenter pour les écrivains osant s'emparer du thème.


A Malevil, Emmanuel et ses amis d'enfance échappent à la mort de peu, reclus dans une des grotte du château du village, en train d'embouteiller le vin (comme quoi, à quelque chose, alcool est bon). Ils émergent de cette grotte pour découvrir un paysage dévasté, une terre brûlée et désormais stérile, et sans doute plus aucune âme qui vive. Malgré les provisions des grottes de Malevil, il leur faut peu à peu s'organiser pour prendre soin des quelques bêtes survivantes et envisager leur propre survie. De découverte de survivants en combats contre les pillards, on suit les journées de cette bande soudée et débrouillarde.

L'aspect le plus intéressant de l'ouvrage reste le décryptage de la complexité de cette vie à quasi-huis-clos : les tentations d'asservissement des faibles, la nécessaire hiérarchie entre survivants, l'obligatoire mise en place de règles strictes pour assurer la vie de la communauté etc. Dans cette France encore relativement croyante et pratiquante, la religion tient encore une place importante et ajoute un autre sujet de tension possible dans les rapports des uns avec les autres. Les représentants de Dieu sur terre se voient alors conférer un pouvoir quasi-tout-puissant aussi dangereux qu'arbitraire.

Malevil est un roman captivant, qui tient en haleine son lecteur pendant 700 pages ; il rejoint la liste très fermée de ces livres qu'on se referme le soir avec plaisir, déjà enchanté à l'idée de la poursuite de la lecture en perspective le lendemain.

Malevil, de Robert Merle.

4ème de couverture : "Une guerre atomique dévaste la planète, et dans la France détruite un groupe de survivants s'organise en communauté sédentaire derrière les remparts d'une forteresse. Le groupe arrivera-t-il à surmonter les dangers qui naissent chaque jour de sa situation, de l'indiscipline de ses membres, de leurs différences idéologiques, et surtout des bandes armées qui convoitent leurs réserves et leur "nid crénelé" ?

2 commentaires:

  1. Je voulais le faire!!! super super choix! bisous

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  2. J'approuve totalement! Très très bon livre.

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